Yvan DOMERGUE alias Dimitri ANDERSON

Dimitri ANDERSON

Le document ci-dessous daté du 8 juin 2000, est une causerie de Dimitri que j’avais prise en note selon ma vieille habitude par écrit, et donc sans pouvoir transcrire tout à fait l’humour et l’accent ensoleillé de son auteur.

Dimitri ANDERSON est né dans une famille d’initiés. Sa grand - tante maternelle disait la bonne aventure, Son grand - père paternel était un « flambeur pigeon », son propre père était initié, mais c’est surtout un grand - oncle maternel qui a marqué ses souvenirs. Celui ci connaissait toutes les techniques de tricheries. Grâce à lui, Dimitri a connu les techniques d’ERDNASE dès l’âge de 16 ans.

(PG: le livre d’Erdnase reste une référence pour les techniques de tricheries aux cartes, c’était le livre de chevet de Dai Vernon. La première publication sous le nom de «The expert at the card table date de 1902, la traduction française est disponible officiellement depuis 1992 aux éditions techniques du spectacle)

Dimitri a été orphelin de père jeune. La solidarité familiale et amicale d’artistes professionnels a joué aussitôt. Parmi ses Maîtres il cite son initiateur en jonglerie: ANDERS dont il a tiré son pseudonyme Dimitri ANDERSON. D’autres artistes, des clowns, des acrobates, puis plus tard un baryton par amitié pour son père, l’ont encadré à ses débuts sur scène dès l’âge de 18 ans. Quittant la région de MONTPELLIER, il arrive à DIJON en 1956, avec déjà 10 ans de métier sur scène et en micromagie, et son accent.

(PG: En 1955 existait à Dijon, l’Association Bourguignonne et Franc-Comtoise des Artistes Prestidigitateurs dont le président était L. Putz, et les membres de l’époque: Guinault, Vernet,Vitrey, Rouette, Garcelon, Lasfargues (Bob Valor) , Rapin, Lecovec, Jandel, Moreau, Bernardin. Cette année là, Hubert Garcelon s’était présenté au Concours Magicus)

Dimitri connaît l’AFAP seulement en 1959, époque où il gagne un premier prix de grandes illusions au Concours Magicus avec sa femme Gladys. (Il est marié depuis deux ans. Ils auront trois enfants.) L’illusion présentée est un perfectionnement du tour « CREATION » de Herr BOELKE p. 397 du Livre « La prestidigitation du XX° siècle »; Tours divers de John Northern HILLIARD. Un peu plus tard il remporte le premier prix d’originalité d’un autre Concours Magicus avec un tour de corde allongée.

Durant sa carrière, dans de nombreux départements français différents, et à l’étranger, il a eu l’occasion d’être programmé avec des pointures: Luis Mariano, Jean Rémond, Sim, Pierre Doris, The Golden Gattes Quartet, Annie Fratenili, Jacques Brel, Il a créé le CRHB, à la demande des responsables nationaux de l’AFAP, en 1969. Il sera président du club pendant 6 ans au début, puis encore 3 ans. Il a été engagé au Gala d’ouverture de congrès nationaux AFAP, à Reims, Montpellier, Dijon, Annecy, et en Angleterre, lors du congrès annuel du British Ring à Hasting en 1995. Il a travaillé avec Hardy l’Enchanteur et a reçu des conseils de Debiran un ami de Max Dif. Il a participé à une troupe théâtrale où a débuté Marlène Jobert. Cela lui a valu un passage à la télévision lors d’une soirée souvenir de cette vedette du grand écran.
Il a passé différents diplômes, tout d’abord le certificat d’étude. Puis d’une manière autodidacte, des diplômes de langues étrangères, une licence, un diplôme d’études supérieures et une maîtrise de Russe.
Il recommande une profession présentant des possibilités de contact pour se faire engagé souvent. (il a exercé les métiers de plongeur dans un restaurant universitaire, de garçon de course dans une entreprise de tapisserie d’art, d’assistant photographe pour enfants, et différents postes dans l’armée, avant de devenir pion au lycée Carnot, en même temps que notre actuel président du CRHB Michel Neveu, puis professeur de Russe au collège Marcel Pardé, au lycée Carnot, au lycée Montchapet et à l’IUT de Dijon.) C’est grâce à son métier de saltimbanque qu’il a construit son patrimoine. Les autres «occupations» n’étaient pour lui que le moyen d’accéder aux plus grands nombres, sorte de rampe et de tremplin. En effet, à chaque fois c’était l’occasion de contacts et de contrats.
En conclusion, il insiste sur la notion du secret, sur le respect des numéros des confrères qui ne doivent pas être copiés... et sur le respect de ses confrères qui ne doivent pas être dénigrés.

Pierre GUEDIN 

Dimitri ANDERSON (vidéo)

Vidéo de Dimitri (Archive Olivier Duveau)

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